bios (quelques tentatives) de Joseph Danan et Emmanuelle Rodrigues
quatre femmes et le soleil de Jordi Pere Cerdà
entre chien et loup de Beth Escudé
« (...) Neus Vila interroge le texte de l'intérieur et nous le présente comme une partition dans laquelle les deux comédiennes (Anne Gerschel et Aurélie Rolin) réalisent une interprétation circonspecte dans laquelle le moindre geste est chargé de sens. Elles traduisent de façon admirable les rythmes, les silences, les pauses, les modèles réitérés qui donnent la cadence du parcours des deux femmes. En déplaçant la pièce d'un univers réaliste, Neus Vila dégage la poésie du texte et fait apparaître les résonances de Beckett et Maeterlinck. »
« Une tension naît de ces deux postures et de ce rapport au public absolument dissymétrique. La jeune femme nous envoûte de son regard intense mais fébrile et ses paroles régulières, sages, sans emphase suivent ses pas lents et précis. La vieille femme la défie, nous défie de son handicap et pose un malaise sur sa partenaire et sur le public. (...) Je suis gêné par cette vieille femme, martyrisant la jeune et nous un peu avec...La magie du théâtre fait son effet mais la plongée dans cet univers est douloureuse. (...) Tout est juste. Le rythme du massage se fait au rythme de la jeune femme, tandis que la vieille domine par la parole. Le parti pris du masque sur les yeux de la vieille femme renforce le poids de son corps errant. (...) Ce travail ne laissera personne indifférent, que vous soyez ou non amateur de théâtre. C'est un texte catalan qui nous parle d'un rapport universel. Très fort, très dur, que je n'ai même pas cherché à résumer ou « définir ». Un texte difficile mène soit à l'ennui, soit à l'envoûtement. Moi, j'en suis sorti envoûté. Conquis à l'extrême. »
« Un texte intense, riche d'images rigoureuses et cruelles avec parfois le grincement d'un sourire que certains mots arrachent à la réalité de la déchéance physique. (...) Un dur voyage au bout de la nuit. Deux voix sillonnant les dits et les non-dits de tout besoin de se raconter une histoire. Quoi qu'il en soit, l'amour dans tous les sens se distrait à moins qu'il ne se venge (...) »
le petit-maître corrigé de Marivaux
« (...) La pièce a été admirablement interprétée et fortement applaudie par un public nombreux. Car si la présentation moderne de Marivaux a un peu dérouté le public au départ, il faut reconnaître qu'elle a été admirablement rendue par les acteurs. (...) »
« (...) Une pièce remarquablement interprétée par de jeunes talents annonciateurs d'une nouvelle approche du théâtre. (...) Pour renforcer l'expression de ce que l'auteur dit ou ne dit pas, pour mieux suggérer, le metteur en scène avait prévu un décor comme un premier pas dans l'univers marivaudien. Un jardin, où les acteurs, rompus à l'exercice d'une gestuelle, mariaient avec virtuosité le phrasé des dialogues à l'envolée des sentiments, dans un ballet réglé comme du papier à musique, et où cependant l'oil de la troisième vision décelait le « gouffre qui se creuse (...) et où, sous la visible courtoisie se trame un drame plus aigu (...) »